Famille

Quelles sont les cinq valeurs les plus importantes pour vous ?

Une valeur personnelle est un principe directeur qui oriente les décisions, les comportements et les priorités au quotidien. Identifier ses cinq valeurs les plus importantes permet de poser un cadre stable pour faire des choix cohérents, que ce soit dans la vie personnelle ou professionnelle. Encore faut-il comprendre ce que recouvre cette notion et disposer d’une méthode fiable pour hiérarchiser ses propres repères.

Valeurs personnelles : ce que mesure réellement la psychologie

Le mot « valeur » vient du latin valere, qui signifie « être fort » ou « avoir de la valeur ». En psychologie, une valeur n’est pas un trait de personnalité ni une simple préférence. C’est une croyance durable qui se traduit par le choix d’un mode de conduite ou d’un but d’existence que l’on préfère à un autre, selon la définition du psychologue Milton Rokeach.

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Le chercheur Shalom H. Schwartz a prolongé ces travaux en identifiant dix valeurs de base : pouvoir, réussite, hédonisme, stimulation, autodirection, universalisme, bienveillance, tradition, conformité et sécurité. Son questionnaire, le PVQ-21, est un outil psychométrique standardisé utilisé en recherche pour cartographier les valeurs personnelles de façon normée.

Ce cadre scientifique dépasse largement les listes « inspirantes » que l’on trouve sur la plupart des sites. Il permet de comparer ses cinq valeurs prioritaires à des dimensions validées par des études, et non à une sélection subjective de mots positifs.

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Femme réfléchissant à ses valeurs personnelles en écrivant dans un journal intime dans un bureau minimaliste

Valeurs instrumentales et valeurs terminales : deux catégories à distinguer

Rokeach distingue deux types de valeurs, et cette distinction change la façon dont on identifie ses priorités.

  • Les valeurs terminales décrivent un but d’existence : liberté, sécurité familiale, accomplissement personnel, paix intérieure. Elles répondent à la question « vers quoi est-ce que je tends ? ».
  • Les valeurs instrumentales décrivent une manière d’agir : honnêteté, courage, discipline, bienveillance. Elles répondent à la question « comment est-ce que je me comporte pour y arriver ? ».
  • Les valeurs instrumentales se subdivisent encore en valeurs morales (sincérité, responsabilité) et en valeurs de compétence (logique, créativité, ambition).

Quand on cherche ses cinq valeurs les plus importantes, mélanger les deux catégories sans le savoir produit une liste incohérente. Quelqu’un qui place « famille » (valeur terminale) à côté de « persévérance » (valeur instrumentale) ne compare pas des éléments de même nature. Séparer les deux permet d’obtenir un portrait plus net : ce que l’on vise d’un côté, comment on agit de l’autre.

Profil cognitif et hiérarchie de valeurs : un lien documenté

Les valeurs que l’on choisit ne sont pas uniquement le fruit de l’éducation ou de la culture. Des travaux relayés par le magazine Psychologies montrent que les personnes ayant une intelligence générale plus élevée accordent prioritairement de l’importance à trois valeurs : autonomie, bienveillance et universalisme.

Ce résultat ne signifie pas que ces trois valeurs sont « meilleures » que d’autres. Il montre que le profil cognitif influence la hiérarchie de valeurs, au même titre que les expériences vécues ou le contexte familial. Une personne très orientée vers la sécurité ou la tradition n’est pas « moins intelligente » ; elle répond à d’autres besoins psychologiques fondamentaux identifiés par le modèle de Schwartz.

Ce type de donnée est rarement mentionné dans les exercices d’introspection classiques. Il invite à prendre du recul sur ses propres choix de valeurs et à se demander si la liste obtenue reflète une préférence authentique ou une norme sociale intériorisée.

Méthode concrète pour identifier ses cinq valeurs prioritaires

Partir d’une liste brute de valeurs et en cocher cinq produit souvent un résultat superficiel. La sélection se fait par élimination progressive, pas par accumulation.

Une approche plus fiable consiste à procéder en trois étapes.

La première étape est de rassembler une vingtaine de valeurs qui résonnent, en piochant dans les dix dimensions de Schwartz ou dans une liste élargie. La deuxième consiste à regrouper celles qui se chevauchent : « liberté » et « autonomie » relèvent souvent du même besoin. La troisième étape est la confrontation par paires : entre deux valeurs restantes, laquelle guide réellement les décisions difficiles ?

Le test de la décision difficile est le filtre le plus efficace. Une valeur qui ne résiste pas à un dilemme concret (changer d’emploi, déménager, rompre un engagement) n’est probablement pas dans le top cinq. Les vraies valeurs se révèlent sous contrainte, pas dans le confort.

Valeurs personnelles et valeurs professionnelles : faut-il les aligner ?

La question des valeurs revient fréquemment en entretien d’embauche. Selon une étude Ipsos publiée en juin 2024, 74 % des 18-28 ans estiment que les valeurs de leur employeur doivent correspondre à leurs propres valeurs.

Cette attente d’alignement pose une question pratique. Les valeurs que l’on exprime dans un contexte professionnel ne sont pas toujours identiques à celles que l’on vit dans la sphère personnelle. Le respect ou l’esprit d’équipe peuvent être mis en avant en entreprise sans figurer dans le top cinq personnel, où la liberté ou la créativité dominent.

Plutôt que de chercher un alignement parfait (rarement atteignable), identifier les valeurs non négociables, celles dont la violation provoque un malaise durable, est plus opérant. Si l’autonomie figure dans le top cinq et que le poste impose un contrôle permanent, le décalage sera source de tension réelle. Si la tradition n’y figure pas, travailler dans un environnement peu conventionnel ne posera aucun problème.

Homme tenant un carnet de valeurs personnelles dans un parc urbain en automne avec une expression réfléchie

Les valeurs personnelles évoluent avec le temps. Des recherches sur les familles fonctionnelles convergent vers un noyau de cinq valeurs récurrentes issues d’études empiriques, mais chaque individu recompose sa propre hiérarchie au fil des expériences marquantes. Refaire l’exercice tous les deux ou trois ans permet de vérifier que la liste reste fidèle à ce que l’on vit, et pas seulement à ce que l’on aimerait croire de soi.